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Nous publions tous les mois un bulletin. Il décrit succinctement la situation des épidémies en cours et développe un un sujet thématique
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Bulletin #7 - 3 avril 2025
Sommaire
• Infections respiratoires aiguës
• Rougeole
• Arbovirose (dengue, chikungunya)
• Epidémie de Mpox
• Le saviez-vous ? BMR - BHRe
Infections respiratoires aiguës
• COVID-19 : la circulation du SARS-CoV-2 demeure stable.
• Grippe : indicateur de base dans la majorité des régions. Seuls les Antilles, la Guyane et Mayotte sont en phase épidémique.
• Bronchiolite : seule Mayotte reste en phase épidémique.


Rougeole
• Une recrudescence des cas de rougeole est notée depuis le début de l’année. Entre le 1er janvier et le 14 mars 2025, 180 cas ont été déclarés en France soit plus du double de l’année 2024 sur la même période.
• Au Maroc, une épidémie a débuté en 2023 faisant plus de 25 000 cas et 120 décès enregistrés.
• Pour en savoir plus sur la rougeole vous pouvez consulter notre infographie et notre synthèse.
Arboviroses
La Réunion
L’épidémie de Chikungunya tend à s’intensifier. Depuis le début de l'épidémie (22 août 2024) et au 27 mars 2025, 13 594 cas autochtones ont été déclaré dont et 13 445 depuis le 1er janvier 2025. Les communes du sud et de l’ouest de l’ile sont les plus affectées.
Parmi ces cas :
72 ont nécessité une prise en charge hospitalière. L’âge médian était de 73 ans (extrêmes 0 jour - 95 ans) et plus de 60% d’entre eux avaient une ou plusieurs comorbidités.
15 ont présenté une forme grave (défaillance d’au moins 1 organe)
Par ailleurs, 33 cas de dengue ont été déclaré entre le 1er janvier et le 14 mars 2025


Nombre de cas de Chikungunya en 2024 et 2025 à la Réunion
Nombre de cas de Chikungunya pour 10 000 habitants déclarés par commune depuis le 22 aout 2024 à la Réunion


Mayotte
Un cas autochtone de Chikungunya a été déclaré en 2025.
Antilles
La situation pour la dengue est la suivante :
Martinique : diminution de la circulation virale
Guadeloupe : poursuite de l’épidémie
St Martin : cas sporadique
Saint Barthélémy : cas sporadique








Mpox (monkeypox)
Contexte : le monkeypox agent responsable du Mpox (anciennement variole du singe) est un virus proche de celui de la variole. Il comprend deux clades I et II. Une épidémie de Mpox clade II a été identifiée au début de l’année 2022 en Afrique, elle a rapidement gagné les autres continents. Elle a principalement touché les hommes homosexuels a été maîtrisée par la vaccination des personnes à risque, même si des cas sont toujours signalés.
L’épidémie de clade I a débuté au début de l’année 2024, et a fait l’objet d’une alerte par l’OMS le 14 aout. Elle touche toutes les catégories de la population et notamment les enfants. La transmission est communautaire. Elle reste à ce jour localisée au continent africain. Dans le reste du monde une dizaine de cas ont été signalé principalement chez des voyageurs au retour d’Afrique.
• En Afrique, une transmission communautaire du clade Ib est rapportée dans 8 pays :
* République Démocratique du Congo
Une transmission communautaire du clade Ia est rapportée dans 5 pays : Cameroun, Centrafrique, Congo, RDC, et Soudan.
La tendance est à la stabilité à l’exception de l’Ouganda ou le nombre de nouveaux cas poursuit son augmentation et de la Centrafrique où une augmentation récente de cas est observée.








Nombre de cas de mpox notifié par semaine depuis le 1er janvier 2024
Pays ayant déclaré des cas de Mpox au cours des 6 dernières semaines
Dans le reste du monde, la tendance est à la stabilité ou à la diminution du nombre de cas
56 cas lié au clade Ib importés de pays d’Afrique où la circulation de ce clade est endémique ont été signalé. 15 ont été déclarés au cours des 6 dernière semaines : Royaume-Uni (2), Allemagne (1), France (1), Belgique (1), Etats-Unis (2), Qatar (3), Emirats Arabes Unis (1), Sud Soudan (3) et Brésil (1).
En France, le nombre de nouveau cas reste stable.
Un second cas lié au clade Ib chez un voyageur au retour d’Afrique a été déclaré fin février 2025


Nombre de cas de Mpox déclaré dans le monde hors continent africain au cours des 12 derniers mois


Nombre de cas de Mpox déclaré en France au cours des 12 derniers mois
Le Saviez-vous ? BMR, BHRe, précautions complémentaires
Les BMR (bactéries multi-résistantes aux antibiotiques) et BHRe (bactéries hautement résistantes aux antibiotiques) se caractérisent toutes les deux par :
Une résistance à de nombreux antibiotiques
Un mécanisme de résistance « transférable ». En effet, les bactéries ont la capacité d’échanger entre-elles des gènes et notamment des gènes de résistance aux antibiotiques. Ce phénomène est appelé conjugaison
Ces propriétés expliquent la capacité des BMR et BHRe à disséminer en milieu hospitalier. Elles se transmettent principalement par les mains souillées et les surfaces souillées.
Les BMR et BHRe ne sont pas plus virulentes que les bactéries sensibles, elles ne provoquent pas plus d’infections. En revanche en cas d’infection, elles peuvent être plus difficiles à traiter. Les BHRe sont résistantes à un plus grand nombre d’antibiotiques que les BMR, pour certaines à presque tous les antibiotiques existants.


Conjugaison entre 2 bactéries. La bactérie donneuse transfert une copie d’un fragment d’ADN appelé plasmide à la bactérie receveuse
Quelles sont-elles ?
Il existe deux types de BMR :
Les bactéries de la famille des Enterobacterales (comme E. coli ou K. pneumoniae) productrice de BLSE (EBLSE), une enzyme qui détruit de nombreux antibiotiques de la famille des béta-lactamines comme l’amoxicilline ou le cefotaxime
Staphylococcus aureus (staphylocoque dorée) résistant à la méticilline (SARM)
Les BHRe sont :
Des Enterobactérales productrices de carbapénèmase (EPC), une enzyme qui détruit presque tous les antibiotiques de la famille des béta-lactamines
l’Enterococcus faecium résistant à la vancomycine (ERV)
D’autres micro-organismes peuvent être considérés comme des BHRe. Ce sont l’Acinetobacter baumanii résistant à l’imipénème (ABRI), et Candida auris.
On dénomme le plus souvent les BMR ou les BHRe par :
le nom du genre et de l’espèce de la bactérie
le type de BMR ou BHRe
Pour les carbapénèmases, on peut rajouter le type de carbapénèmase (OXA-48, KPC, NDM…), car il y en a plusieurs !
Par exemple E. coli BLSE, K. pneumoniae carbapénèmase, SARM, ERV.
Comment prévenir leur diffusion ?
Les problématiques soulevées par les BMR et les BHRe justifient :
d’identifier les patients porteurs, c’est l’intérêt du dépistage. Un dépistage de BHRe doit systématiquement être réalisé chez un patient hospitalisé à l'étranger dans les douze derniers mois
de mettre en place des mesures supplémentaires aux précautions standard pour limiter leur diffusion : ce sont les précautions complémentaires contacts (PCC). Ces mesures sont plus strictes pour les porteurs de BHRe
Les précautions standards (PS) quand elles sont bien appliquées suffisent généralement à limiter la diffusion des BMR et BHRe. Les PCC permettent de réduire encore plus le risque de transmission. La décision de mettre en place les PCC (BMR) ou PCC renforcées (BHRe) est une prescription médicale, le patient doit être informé et leur mise en place tracée dans le dossier. Elles s’appliquent à toutes les soignants (et dans certains cas aux proches) entrant dans la chambre d’un patient porteur de BMR ou de BHRe.
Les PCC consistent principalement en :
L’identification des patients porteurs : pictogramme sur les chambres, identification dans le dossier patient
L’utilisation d’équipement de protection (EPI) pour certains soins uniquement (gants, tablier…)
Un renforcement du bionettoyage
Une hospitalisation en chambre seule sauf pour certaines BMR, prise en charge en dernier « marche en avant »
Pour en savoir plus, consulter les podcasts de l’EPRI !
Quelques recommandations récentes
• HAS - 2025 - Utilisation du vaccin IXCHIQ dans le contexte épidémique de chikungunya dans les territoires de La Réunion et de Mayotte (pdf)
• SFM/SF2H/SPILF/SFLR/SFGG - 2025 - La vaccination des personnes âgées hospitalisées ou institutionnalisées contre les agents d’infections respiratoires communautaires : une occasion manquée pour la vaccination contre le virus respiratoire syncytial (RSV) ? (pdf)
• DGS Urgent - 2025 - Vigilance renforcée dans le cadre de la recrudescence de la rougeole en France du 07/03/2025 (pdf)
Les Bulletins
Classés par date de publication
3 Avril 2025
Infections respiratoires aiguë (COVID, Grippe, bronchiolite)
Rougeole
Arbovirose (dengue, chikungunya)
Mpox (monkeypox, variole du singe)
Le Saviez-vous ? BMR, BHRe, précautions complémentaires
#7
6 Mars 2025
Infections respiratoires aiguë
Epidémie de chikungunya à la Réunion
Epidémie de dengue aux Antilles
Infections invasives à méningocoque
Grippe zoonotique
Epidémie de Mpox
#6
6 Février 2025
Infections respiratoires aiguë
Mpox (monkeypox, variole du singe)
Epidémie de chikungunya à la Réunion
Cas de choléra à Mayotte
Rougeole
#5
9 Janvier 2025
Infections respiratoires aiguë
Mpox (monkeypox, variole du singe)
"Maladie non-diagnostiquée" en République Démocratique du Congo (RDC)
Arboviroses : dengue, chikungunya, zika
Coqueluche
Rougeole
#4
20 décembre 2024
Infections respiratoires aiguë
Mpox (monkeypox, variole du singe)
Coqueluche
Rougeole
#3
5 novembre 2024
Infections respiratoires aiguë
Mpox (monkeypox, variole du singe)
Coqueluche
Rougeole
Le Chiffre
Le saviez-vous ? Grippe et vaccination
#2
23 septembre 2024
Infections respiratoires aiguë
Mpox (monkeypox, variole du singe)
Coqueluche
Rougeole
Le Chiffre
Le saviez-vous ? Hygiène des mains